ushijima

 

  • Origine : Japon -2004
  • Type : Seinen
  • Genres : Social, thriller
  • Auteur et dessinateur: Tôru FUJISAWA
  • Éditeur VO : Shôgakogan
  • Éditeurs VF : Kana
  • Nb volumes VO : 41 (terminé)
  • Nb volumes VF : 36 (en cours)

 

• Adapté en film: 4 films « Ushijima the loan shark » de (2012 à 2016) et 2 saisons en série TV

Ushijima

 

Notre société fait face à la dette. Nous devons tous forcément quelque chose a une tierce personne. Le plus important est de prendre garde à ce que les choses ne deviennent pas hors de contrôle. Cependant, imaginez que vôtre dû soit si grand, que le seul moyen de vous en sortir ne serais plus de contacter un petit bonhomme vert à la tête de gazon mais  de vous adresser à un usurier opérant dans l’illégalité ? Comble du hasard, il se trouve que j’ai la chance d’en connaître un.

Laissez-moi vous le présenter.

Ne vous fiez pas aux apparences : malgré son jeune âge (23 ans), son allure de géant amorphe, ses boucles d’oreilles et son immense survêtement, Ushijima est un chef d’entreprise déterminé et réputé dans son domaine. C’est un Yamikin. Entendez par là un usurier qui prête de l’argent illégalement à des taux très élevés à ceux qui sont criblés de dettes, et qui ne peuvent plus rien emprunter auprès des organismes officiels. L’histoire évolue autour de la classe moyenne du japon, et de leurs difficultés pour s’en sortir au quotidien. Ushijima le héros de cette aventure n’en n’est pas vraiment un. Il est avant tout la connexion entre tous les protagonistes. Vous l’aurez compris, ce n’est pas une bonne personne. Rusé et malin, il est sans pitié. Il mettra tout en œuvre, de manière froide et implacable, pour récupérer l’argent qu’il aura prêté à ses clients. Mais il fera surtout en sorte qu’ils leur soient redevable le plus longtemps possible, en les plongeant dans une spirale sans fond. Ses clients, aux profils différents, affligés de multiples vices et addictions, pimentent ces nombreuses rencontres dans des récits qui peuvent parfois se ponctuer de manière très abrupte.

Nous voici lancés à travers les histoires multiples et sordides de la société d’en bas, une vision juste et implacable de destinées toutes plus tragiques les unes que les autres. D’un chapitre à l’autre, Shôhei MANABE nous met dans la peau d’une jeune fille devant se prostituant pour rembourser ses prêts, ou d’un père de famille préférant les jeux d’argent à l’éducation de son fils. Ushijima l’usurier de l’ombre, est sans conteste l’une des meilleures représentations des maux de la société Japonaise contemporaine.

Un fond très critique qui s’accord parfaitement avec le trait besogneux de l’auteur. L’ensemble ne manque pas d’immersion, servi par un travail sur les décors tout simplement parfait. Un grand titre.

 

Le saviez-vous ?

Ushijima est le nom du général responsable de la bataille d’Okinawa à la fin de la seconde guerre mondiale et qui fut l’une des batailles les plus meurtrières de l’invasion américaine au Japon. L’auteur a confirmé l’origine du nom dans une interview, je vous invite donc à vous renseigner sur le monsieur, c’est instructif.

 

Par François Solid.

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